Grèves et mouvements sociaux à la CGTE – TPG

En 1971, la grogne monte à la CGTE. En effet avec les conditions de circulation qui se sont dégradées, les horaires deviennent insupportables, notamment sur les lignes 3, 6, 11 et 12. Le service offert aux voyageurs n’est pas régulier, les tramways se retrouvent à trois ou quatre l’un derrière l’autre, et ensuite, les voyageurs attendent jusqu’à 30 minutes pour voir le prochain tramway arriver. 

Ce phénomène provient du chronométrage trop serré effectué par la CGTE. Des propositions ont été faites à la direction qui ne les a pas refusées. Puis les horaires  ont été présentés au personnel et à la grande surprise des wattmen et conducteurs, aucune modification n’a été apportée. Dans ces conditions, le personnel réuni en assemblée le 27 août 1971 a refusé les tableaux de service prévus pour l’horaire d’hiver. Ces derniers ne tiennent pas compte des droits les plus stricts des usagers de pouvoir se référer à l’horaire officiel.  Le syndicat du personnel avise la presse qui se fait l’écho des problèmes à la CGTE.

Article de presse du 7.9.1971 - Collection SNOTPG

Quelques jours plus tard, le directeur de la CGTE, Monsieur WERZ, dans une interview au Journal de Genève, rétorque que si le personnel demande un temps de parcours plus long, c’est uniquement pour avoir la belle vie et prolonger leurs temps de terminus. 

Mécontents, les tramelots, réunis en assemblée le 21 septembre 1971, décident de passer à l’action et d’appliquer strictement le règlement et prescriptions de la CGTE qui n’étaient pas entièrement respectés (si le tramelot se faisait prendre, il recevait une “punition” pécuniaire, entre 2 et 30 CHF),  histoire d’essayer de tenir l’horaire.  (ces petites fautes ne mettaient pas les usagers en danger). 

Les fautes commises : démarrer avec les lampes rouges et blanches allumées portes non verrouillées, portes déverrouillées avant l’arrivée à l’arrêt, observer consciencieusement les ralentissement aux croisements de lignes ou dans les virages marqués.

Le lundi 27 septembre 1971, la grève du zèle commence :

Article de presse - Collection SNOTPG

 

 Suite à cette grève du zèle, la direction de la CGTE reçut les représentants du syndicat afin d’examiner le différend. Au cours de cette réunion, la direction de la CGTE a accepté de revoir les points litigieux . Des nouveaux graphiques seront établis pour les lignes 6 et 11 et des chronométrages auront lieu sur les lignes 3/33 et 12, avec le concours de la commission technique du personnel. 

Pour des raisons d’ordre technique, la direction de la CGTE prétend ne pas pouvoir mettre les changements en vigueur avant le 1er janvier 1972. Pour l’heure, si aucun changement n’est possible avant janvier, la population genevoise devra subir les désagréments d’horaires qui ne peuvent pas être respectés, malgré la meilleure volonté du personnel.

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